Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section
Béarn-Soule


Pau : Jean-Paul Brin, la disparition d'un pilier de la ville
PAR MARIE BERTHOUMIEU, PUBLIÉ LE 5 JUIN 2019 À 22H13, MODIFIÉ À22H16.
Le premier adjoint de Pau, pilier de la majorité Bayrou, est décédé en milieu de journée ce mercredi 5 juin, à l'Institut Bergonié de Bordeaux, des suites d'un cancer.
L'incontournable premier adjoint de Pau est décédé ce mercredi 5 juin en milieu de journée, à l'âge de 72 ans, à l'Institut Bergonié à Bordeaux, où il était hospitalisé depuis mardi.
« Je suis dévasté », a réagi François Bayrou, des sanglots dans la voix. « Il était mon bras droit bien sûr depuis des années mais aussi mon ami depuis plus de 40 ans. Nous avons toujours été engagés ensemble, aimions les mêmes choses, aimions cette région et cette ville, riions beaucoup ensemble. Et nous partagions beaucoup de choses précieuses et secrètes ».
« UN COMPLICE DE CHAQUE INSTANT »
« Il a été un grand avocat, un grand bâtonnier, un grand élu pour cette ville, a continué le maire. Tout le monde l'appréciait à Pau. Et c'était surtout une complicité de chaque instant. C'est la chose la plus dure, car l'important dans la vie n'est pas le fonctionnel mais l'affectif. »
Jean-Paul Brin laisse derrière lui une femme, Catherine et trois enfants, François, Sylvie et Jean.
Atteint d'un cancer, le premier adjoint était particulièrement souffrant ces dernières semaines mais restait toujours très présent à la mairie. Le mois dernier, lors des conseils municipal et communautaire ainsi qu'au conseil syndical de Pau Béarn Pyrénées Mobilités, il avait défendu ses dossiers avec une voix éraillée, mais avec sa vigueur habituelle. On l'avait encore eu au téléphone ce début de semaine pour évoquer le chantier des halles.
Un bourreau de travail jusqu'au bout. « Après une carrière d'avocat très dévoreuse de temps, témoignait-il dans nos colonnes en décembre 2014, je voulais faire ce que je ne pouvais plus faire depuis longtemps : m'occuper de ma maison sur les coteaux de Jurançon, m'adonner aux randonnées en montagne » Cet amoureux des randonnées en raquettes, des Pyrénées et du jardinage n'en aura pas beaucoup profité, lui qui a pris sa retraite en 2010. Mais il ne le regrettait pas.
UNE VIE PALOISE
Ce fils de boulangers de la rue Carnot a fait ses études de droit à Pau dans les années 60, et a été président de la « Corpo » des étudiants. Il exerce comme avocat généraliste à Pau toujours, spécialiste en droit civil, mais aussi au pénal et en droit des affaires. Il est élu bâtonnier en 1992.
En parallèle de son activité professionnelle, il est des campagnes électorales dès les années 70. Déjà dans la bataille des municipales paloises sur la liste de Françoise Michelland en 1977, candidate malheureuse face à l'indéboulonnable André Labarrère.
Jean-Paul Brin entre dans l'opposition au conseil municipal en 1983, avec la tête de liste Pierre Sallenave – un certain François Bayrou, conseiller général qu'il connaît depuis 1976, était aussi de la liste. L'avocat est aussi candidat aux régionales en 1986 sur la liste du DVD Jean Recapet. Aux municipales de 1989, il est derrière la tête de liste François Bayrou, et aux côtés d'André Lestorte et de Jean-Louis Pérès.
L'actuel adjoint aux finances se souvient de « cette traversée du désert, de longues années dans les rangs de l'opposition jusqu'en 2014 » où ils étaient tous les quatre. « Une période où les amitiés se fortifient dans l'adversité », confie l'élu, très ému alors qu'André Lestorte est décédé il y a trois ans.
L'ÉLU SE RÉVÈLE PENDANT CE MANDAT
Car Jean-Paul Brin a aussi été élu en 1995 avec Jean-Pierre Caye et en 2001 avec Patrick de Stampa. En 2002, aux législatives, il est suppléant de Lucien Basse-Cathalinat (RPR-UDF), battu par David Habib. Puis en 2008, il est encore conseiller de l'opposition, avec François Bayrou en tête de liste. Avant la victoire de 2014.
L'avocat retraité que le patron du Modem appelle pour coordonner la campagne des municipales en 2013, est devenu le bras droit fidèle du maire, pressenti même pour prendre sa suite quand il est nommé ministre de la Justice. En charge de la coordination de l'action municipale, de l'urbanisme et des travaux, il se révèle en pilier de l'exécutif palois. L'élection de Josy Poueyto à la députation, en juillet de la même année, lui permet de gagner le poste de premier adjoint.
Diplomate et touche-à-tout, Jean-Paul Brin connaissait tous les dossiers palois, certains l'appelaient même « le maire-bis », les opposants « le vrai maire » ou « le vice-maire ». En première ligne face à la presse parce qu'il avait la confiance de François Bayrou et réponse à tout, l'homme de droit était très apprécié des services de l'Agglo mais aussi de l'opposition. Elle avait d'ailleurs publiquement salué son travail sur deux gros dossiers menés lors du mandat : celui des Rives du Gave pour lequel il avait négocié avec de nombreux propriétaires et le PLUi, tout juste sorti, qui pose pour dix ans les règles d'urbanisme des 31 communes de l'Agglo.
IL LAISSERA SON EMPREINTE SUR LA VILLE
Jean-Paul Brin, qui était également président du syndicat mixte de l'aéroport, de l'établissement foncier public local du Béarn et de la SPL des halles, mais aussi vice-président de Pau Béarn Pyrénées Mobilités, laissera une empreinte indélébile sur le futur visage de la Ville et de l'Agglo.
Le compagnon de longue date Jean-Louis Pérès salue « ses qualités humaines. C'était un homme extrêmement attachant, pudique, mais droit, solide, loyal et bienveillant, précieux », ainsi que « sa capacité de travail et sa vision de la ville dont il avait une connaissance précise sur le plan architectural et historique. Personne n'est irremplaçable dit-on, mais ce qu'il a apporté à la ville, à ses amis »
Car au-delà de l'émotion que suscite le décès de Jean-Paul Brin, dont témoigne l'hommage unanime des élus, on s'interroge déjà sur une fin de mandat et une campagne des municipales sans l'homme lige de François Bayrou.
Qui pour lui succéder au poste de premier adjoint?? Qui pour porter les importants dossiers municipaux à finaliser (halles, Rives du Gave, Foirail )?? Quel homme – ou femme – de confiance derrière le maire pour conduire une liste forcément renouvelée??
Les obsèques seront célébrées ce samedi 8 juin à 9 heures à l'église Saint-Martin.


Retourner à l'historique des activités



  © SMLH - 2016