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Section
Béarn-Soule

Malgré les années et les aléas de la politique personne ne pourra nier que les Français et les Américains sont unis par des liens fraternels forgés par le sang versé et par l'amour de la liberté.
C'est dans le cadre de cet Amitié que les Légionnaires de la section de la SMLH Béarn-Soule ont voulu accueillir avec plaisir, respect et émotions leur ami légionnaire d'outre atlantique mais Béarnais d'origine, Charles-Norman SHAY.
Le 30 juin à 19 heure une réception, était donné en son honneur dans les jardins majestueux de la Villa de Miss Hutton à Billère. Devant une assemblée de personnalité et de Légionnaires, renforcée par un groupe d'étudiants américains de l'école de commerce .de Pau, Philippe Josz secrétaire de la section, Monsieur le Consul des Etats-Unis , Christian Desplat Vice-Président de la section qui présidait la soirée ont fait tour à tour l'éloge de Charles, ont mis en lumière sa contribution courageuse et combien périlleuse à la libération de la France lors du débarquement sur Omaha-Beach la sanglante en 1944. Ils ont également expliqué son retour aux sources puisqu'il est un descendant direct du baron de Saint-Castin, illustre Béarnais émigré aux Amériques. La soirée s'est poursuivie devant un buffet copieux, varié et combien agréable accompagné cela va sans dire d'un vin blanc bien frais de la région.
Le 1er juin en fin de matinée nous avions rendez-vous à l'Ecole des Troupes Aéroportées de Pau avec notre Président Paul Cayrat de retour aux manettes, pour parachever cet hommage et cet accueil particulier. Cette réunion confraternelle a débuté par une démonstration de saut en « commandé », effectuée par l'équipe de saut de l'école. Elle s'est poursuivie par la visite du musée des Parachutistes, visite guidée pour Charles par le Colonel Achille Muller notre vétéran et ancien SAS qui avec un planeur Anglais fût lui aussi, de la « fête » lors du débarquement. Le pot de l'amitié traditionnel clôtura cette belle matinée. Mais avant, nous avons voulu, par un dépôt de gerbe dans la crypte du Musée, rendre un hommage particulièrement émouvant aux parachutistes mais aussi à tous les combattants qui se sont battus pour nos libertés fondamentales et qui ont payé cet engagement de leur vie.
Vous pouvez découvrir ci-dessous l'histoire de C N SHAY résumé par Christian Desplat.
Adjudant Charles Norman SHAY, US ARMY-US AIR FORCE.
Chevalier de la Légion d'Honneur, Silver Star, Médaille de Combat, Trois Bronze Stars, Silver Star Honorable Service Medal, Ordre du Mérite médical militaire, Warriors Medal of Valor.
Au matin du 6 juin 1944, un jeune infirmier de vingt ans faisait partie de la première vague de débarquement sur la plage d'Omaha Beach. Les hautes eaux d'une part, le feu allemand était d'une telle intensité que le Général Omar N. Bradley, le nombre des pertes s'élevant sans-cesse, envisagea le réembarquement. C'est la ténacité des hommes de la Première Division d'infanterie, la célèbre Big Red One, qui décida de la poursuite et de la réussite de l'opération.
Charles Norman Shay, exposé en première ligne, apporta tout au long de la journée ses secours à ses camarades. L'armée américaine qui avait ce jour-là débarqué autant de barges de plasma sanguin que de munitions put compter sur l'abnégation de fois n'était pas tout à fait une inconnue. Il était en effet le descendant direct de l'union d'une amérindienne et d'un gentilhomme béarnais, le baron de Saint-Castin. Ce jeune officier servait depuis 1665 dans le Régiment de Carignan Salières, la seule unité de l'armée permanente française servant en Nouvelle France et destinée à y rester. A la suite de ce mariage et à la mort de son beau-père, Rackawondo. chef de tribu le baron devint à son tour le chef d'une tribu amérindienne il fonda, dans l'actuel Etat du Maine, la ville de Castine, qui porte ainsi son nom. Cette politique d'unions mixtes était encouragée par le gouvernement français et Bougainville songea même à la rendre obligatoire. Au soir du débarquement, Charles Shay pouvait ressentir la fierté d'être venu délivrer sa seconde patrie. Né le 7 juin 1924 à Bristol dans le Connecticut, huitième d'une fratrie de neuf enfants, il suivit sa famille à l'âge de cinq ans sur la terre de sa Nation, Indian Island, patrie des Pernobscot. Ses ancêtres y avaient exercé des fonctions importantes : Lieutenant-Gouverneur, shaman, une fonction que reprit plus tard Charles et qu'il exerça sur la plage d'Omaha Beach qu'il purifia des traces de la folie meurtrière des hommes selon les rites anciens, rite qu'il renouvela à chacun de ses séjours en France. Pendant la guerre d'Indépendance qui donna naissance aux Etats Unis, les Pernobscot levèrent une milice pour soutenir les Insurgents. Seul de sa nation, Charles poursuivit des études sur le continent, traversant le bras de mer qui le séparait du continent et de la ville d'Old Town, en cané l'été, sur la glace l'hiver... A dix-neuf ans, ses études achevées, il s'engagea comme Private et servit dans l'armée des Etats Unis jusqu'en 1988.
Les Français connaissent mal les Amérindiens et encore moins bien la part qu'ils prirent sur tous les fronts d'opérations de la Seconde Guerre mondiale, exception faite du film Windtalkers qui conte leur courage dans le Pacifique. Quarante mille Amérindiens se battirent pour la liberté et des droits qu'ils n'avaient pas toujours sur leur propre terre. Charles Shay a écrit à ce propos : « Nous étions des citoyens de seconde classe dans notre propre pays. Malgré tout nous avons servi fidèlement notre pays ». A sa retraite, il s'engagea pour que des représentants des Nation amérindiennes puissent être représentés dans la Chambre législative du Maine et il a obtenu que le 21 juin devienne le Jour de l'Histoire des Vétérans Amérindiens.
Après les très durs combats du bocage normand, Charles participa à la libération de la France et de la Belgique. Il se trouva au coeur des préliminaires de la dernière offensive allemande, dans les Ardennes, dans la forêt de Hurtghen.
Des combats meurtriers se livrèrent dans cette épaisse forêt de sapin, dans des terrains très accidentés, au cours d'un hiver sibérien les éclats de bois y firent autant de victimes que les projectiles. L'action des snipers allemands, juchés dans les arbres, celle des mines, une artillerie supérieure et les conditions atmosphériques qui empêchèrent l'USAF d'appuyer l'infanterie rendirent la situation très critique et on ne peut que rendre hommage au sang-froid du Général D. Eisenhower et à la ténacité des Britanniques à la charnière du front. Prélude à l'offensive des Ardennes, les combats de la Hurtghen coûtèrent 30 000 hommes à l'armée américaine et le service de santé y fit son devoir dans des conditions plus que précaires. Un officier allemand qui avait combattu pendant la Grande Guerre et à l'Est en Russie, qualifia cette forêt « d'usine de mort » ! Charles Shay en sortit indemne et continua la poursuite, il entra en Allemagne par le pont de Remagen. Fait prisonnier, il fut libéré le 18 avril 1945.
Démobilisé à l'automne, titulaire de quatre médailles de bronze, il se réengagea dans la Police militaire du Q.G américain de Vienne. C'est dans la capitale autrichienne qu'il rencontra Lili et qu'il l'épousa un fils naquit de cette union.
Revenu aux Etats Unis, il fut engagé dans la guerre de Corée et s'y distingua à nouveau : promu sergent, Médaille de Bronze à deux bouquets de feuilles de chêne et une seconde étoile d'argent. Libéré de l'US ARMY, il rejoignit l'AIR FORCE, Adjudant, il sert lors des tests atomiques d'Eniwetok. Il reviendra une dernière fois en Europe, à l'hôpital militaire de Sembach en Allemagne.
En 1964, c'est l'adieu aux armes après vingt ans de service. Il intègre, comme officier de sécurité, le QG américain de Vienne de la Commission des réfugiés de l'ONU.
L'année 1988 marque la fin de ses incessantes pérégrinations héritier d'une vieille propriété à lndian Island il s'y installe définitivement. En 1939, un poète français appelait ses concitoyens à l'union devant l'incendie qui embrasait le continent : « Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui songe à ses querelles / Au coeur du commun combat... ». Charles Shay n'écouta que la voix de sa conscience et prit sa part du combat qui ravageait nos blés, ses blés, et ceux de toute l'Europe. Nous vous en conservons, cher Monsieur, une profonde et sincère gratitude. Ignorant le mot retraire, vous vous êtes consacré, la paix revenue, à la reconnaissance de la participation amérindienne à la guerre et à l'héritage culturel de vos ancêtres, d'un côté et de l'autre de l'Atlantique. Vous n'avez pas oublié votre seconde patrie Saint-Castin, le Béarn et la France en 2009 vous êtes revenu sur les plages d'Omaha et vous avez visité, enfin, les terres du baron, celles de votre seconde Patria, le mot par lequel les Romains désignaient la terre où reposaient leurs pères. La France a reconnu en vous un homme sage et brave en 20071e Président Nicolas Sarkzy vous a remis à Washington les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur. Vous obtiendrez la même distinction pour un de vos camarades et vous assurerez à vos frais son voyage à Paris un geste renouvelé pour un vétéran français, décédé quelques jours après avoir reçu les insignes de la Légion d'honneur. Cher Monsieur Charles Shay, cher Camarade, nous sommes heureux et honorés que vous veniez nous visiter, encore une fois, avec votreenthousiasme et votre fidélité intacte pour la terre de Saint-Castin et celle de France.Tous les Béarnais sont plus ou moins les entants ou les cousins du Bon Roi Henri IV Vous êtes donc le petit fils d'un roi-soldat et d'un Vert Galant qui assurait qu'il faisait la guerre pour gagner la paix. Vous êtes ici chez vous, par la vie risquée, par le sang reçu de votre ancêtre. Merci pour tout et heureux séjour dans votre Béarn.
Christian DESPLAT
Professeur émérite des Universités.
Album photos
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Remerciement de madeleine Duboé, traductrice de Charles.

Bonsoir Paul
Merci beaucoup pour cet album que je transférerai à Charles et aux autres personnes dans son entourage. Vous recevrez un remerciement de la part de Charles qui n'est rentré aux US que jeudi dernier...il faut qu'il ait un peu de temps pour se réacclimater après 15 jours très prenant.
Ce que nous avons vécu en Normandie est indescriptible et inoubliable...
Un grand merci à vous et à votre équipe pour tout ce que vous avez fait pour Charles, au-delà de sa visite ici en Béarn. Philippe et moi avons beaucoup apprécié l'égard que vous avez manifesté pour Charles et son histoire.
Amitiés
Madeleine Duboé


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