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Béarn-Soule

Terre de Lorrainne, terre de courage.
Trois amis Lorrains dont le destin a basculé lors de l'arrivée des Allemands en France en 1940, se retrouvent à Forbach et font ensemble la visite du "Struthof". Le texte ci-dessous est la copie d'un article de journal.
Ils s'étaient perdus de vue pendant 70 ans et ont scellé avec émotion leurs retrouvailles lundi au Struthof. Destins croisés d'Achille Muller et Roger Boulanger Main dans la Main, ils empruntent l'allée centrale du Struthof. La vue de ces baraquements sur fond de barbelés inspire un sentiment de « révolte » chez Achille Muller, l'u n des vétérans les plus décorés de France. Il visite pour la première fois ce camp de concentration sous la conduite de son ami Roger Boulanger. Ce dernier y passa trois mois en mai 43, avant de connaître les affres du camp annexe du KL Flossenburg, puis de se destiner à une carrière de professeur d'allemand. Regard déterminé chez l'un, sourire ému chez l'autre. Mais un même souvenir, celui de cette rue du Moulin à Forbach. que partagent ces copains d'enfance. Faisant face a l'annexion en1940 de la Moselle, ils refusent de porter l'uniforme de la Wehrmacht. Achille veut rejoindre l'Angleterre, « Sans fillière mais avec du pif. » Et met six mois pour rallier Gibraltar depuis Forbach, avant de rejoindre Londres et de Gaulle pour ensuite intégrer les SAS, «Spécial Air Service » parachutistes britanniques avec lesquels il participera a la libération de la France. L'Indochine et l'Algérie l'aideront ensuite à gagner ses galons de colonel. « J'ai été chanceux », résume t'il. Plus chanceux en tout cas que Roger Boulanger. Ne se voyant pas « Malgré-nous ». ce dernier vise aussi l'Angleterre, mais via la Suisse. Malheureusement sans succès. La Gestapo l'envoie à Natzweiler. Cet univers concentrationnaire est animé d'une double violence : la violence physique administrée en public. Pendaisons et bastonnades, même chez l'autre. deviennent destructeurs, « L'empathie nous faisait souffrir », remarque Roger devant cette potence toujours en place au Struthof.
« Un visage vert et gris » Et l'ancien déporté d'évoquer aussi la violence verbale : insultes et humiliations en allemand, « ceux qui comme moi connaissaient cette langue souffraient d autant plus ». Il a senti passer la grande faucheuse avec « un visage vert et gris », a connu les wagons à bestiaux et a participé aux marches de la mort. Tète basse, notre rescapé ?nit, après la libération, par rentrer à Forbach. Il se fait discret et aperçoit Achille, le libérateur en tenue de la Royal Air Force. « J'ai eu le plaisir de libérer la France. Pendant qu'eux. Ils subissaient, nous, on se battait ». explique aujourd'hui ce dernier. Eux qui. comme Roger sont loin d'avoir le beau rôle. Devenu étudiant puis enseignant, Roger Boulanger trimballe sa tranche de vie comme un boulet « pendan 40 ans, je n'ai rien dit. » Et n'a aucune nouvelle de son ami Achille. Puis un beau jour sa parole se libère et son héroïsme prend forme au contact des Jeunes générations : « j'ai rencontré a ce jour près de 40 000 élèves. Livres, conférences, et surtout. visites guidées du Struthof Il multiplie les interventions pédagogiques. Et ce lundi, c'est son ami Achille -retrouvé l'été dernier grâce à des amis communs lors de la célébration la libération de Reims- qui lui emboîte le pas. Main dans la main comme quand ils étaient petits dans la rue du Moulin. David Geiss
Le troisième ami est Maurice Mandavit, embastillé par les Allemands à l'âge de15 ans pour faits de résitance. Il a survécu à Auschwitz et au camp de travail de Gross-Rosen en Pologne. Délivré par les Russes il s'est engagé auprès de leurs partisans en tant que volontaire étranger jusqu'à la fin de la guerre. Un périple et une aventure humaine incroyable.


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